Coworking et Côte d’Azur

Voilà qui va donner envie à certains de quitter Paris pour télétravailler dans le Sud…

Le premier espace de coworking de la région de Nice, Les Satellites, a développé une offre particulièrement attractive pour les nomades. L’ouverture est prévue en octobre (croisons les doigts !).

Rencontre avec Nicolas Bergé, à l’origine du projet.

Les Satellites - Coworking et Côte d'Azur

N-N: Bonjour Nicolas ! Pourrais-tu nous rappeler en quelques mots le concept des Satellites? Comment est né ce projet ?

N. B. : Bonjour à vous Néo-Nomade !

J’ai trois mots pour vous : PROXIMITE, MOBILITE et TRAVAIL. Ces trois mots ont animé Les Satellites depuis le stade de projet jusqu’à la création de la société. Les Satellites proposent des solutions de télétravail dans un espace de coworking sur la Côte d’Azur. Joli cadre, n’est-ce pas ?

Par « proximité », j’entends déplacer les bureaux vers les travailleurs et leurs lieux de vie (alors que le monde de l’entreprise fait l’inverse : il suffit d’additionner nos tickets d’essence…).

Par « mobilité », j’entends offrir plus de flexibilité, donc plus de choix aux travailleurs sur l’emplacement de leur lieu de travail.

Enfin, par « travail », je veux proposer une atmosphère de travail vraiment productive et socialement optimale.

L’idée Les Satellites est née sur les bords du Golden Gate Bridge, à San Francisco (où l’aventure du coworking a débuté d’ailleurs, nous avons fêté ses six ans il y a peu). J’observais tous ces travailleurs détendus dans les cafés wifi de la ville. J’ai pensé que je pouvais améliorer cela. Bien sûr l’idée de « coworking spaces » existait déjà, mais elle ne semblait plaire qu’aux seuls geeks, et avec tout le respect et l’amitié que j’ai pour les geeks (j’aurais voulu en être un), j’ai pensé que je pouvais élargir l’idée à tous les travailleurs. C’est ce côté universel qui a lancé Les Satellites. C’est vrai, non ? Un grand nombre de métiers peuvent aujourd’hui s’effectuer sans contrainte géographique (un portable, du wifi). J’ai donc développé le projet en finissant mes études et j’ai créé Les Satellites.

N-N: On a vu que tu avais déjà développé tout un système de résa, peux-tu nous en parler un peu ? Envisages-tu de proposer ce service de backoffice à d’autres espaces de coworking ?

N. B. : Tout à fait. Notre site Internet (www.satellites-teletravail.com) présente une Interface Membres. Tout membre peut réserver à l’avance et à distance son poste de travail ou sa salle de réunion. Le système est organisé comme un agenda : choisissez le jour, l‘heure et la durée, nous confirmons par la suite en fonction des places disponibles. Cela permet d’éviter les mauvaises surprises d’absence de place ou les précipitations lors des heures creuses pour être sûr d’obtenir son poste favori.

Je souhaite que ce système serve également à l’organisation d’événements : chaque membre voulant organiser quelque chose pourra utiliser ce système et le rendre visible à tous les autres membres.

Je n’avais jamais envisagé votre deuxième question mais maintenant que vous y faites allusion, pourquoi pas ? Je vais en parler à mon web master et peut-être à d’autres espaces de coworking. Pour autant, selon ce que j’ai pu voir de ces autres espaces, ils disposent d’outils similaires. Bonne suggestion.

Les Satellites proposent une offre étudiante. Pourquoi cibler spécifiquement cette population ?

J’aurais adoré trouver un tel endroit lors de mes années d’études. Hors de chez moi, hors des salles d’études ou des bibliothèques de ma prépa ou de mon école de commerce. Et puis ce projet a été conçu alors que j’étais moi-même étudiant, entouré d’étudiants : je connais leurs habitudes de travail. De plus, la population étudiante est intéressante : ce sont les travailleurs de demain. Pourquoi ne pas leur montrer ce que sera, selon Les Satellites et toute la communauté du coworking, la future organisation du monde du travail ? Les oublier serait une faute à mon sens. Peut-être auront-ils le pouvoir de négocier l’emplacement de leur lieu de travail avec leurs employeurs (il semble que ce soit déjà le cas). Enfin, imaginez les opportunités qu’un tel lieu peut créer : un étudiant en T.I. (Technologies de l’Information) rencontrant un consultant en S.I. (Systèmes d’Information)… Combien de conciliabules (je vous disais que j’aimais les geeks) ?

Mais l’accent mis sur les étudiants s’arrête là. Malgré l’offre très avantageuse dont ils bénéficient, ils ne formeront pas le gros des membres. La priorité reste les salariés et les indépendants.

N-N : Où en es-tu dans les démarches ?

N. B. : J’ai peut-être enfin trouvé un local qui me convienne. La tâche fut difficile mais cela en vaut la peine je crois.

Notre site Internet est déjà opérationnel (www.satellites-teletravail.com). Les campagnes de communication et de prospection sont prêtes : elles n’attendent plus que la signature du bail. Je me concentre d’autre part sur l’aménagement de l’espace. Des architectes m’entourent, ils ont des idées folles et cela me plaît : c’est sûrement la partie la plus importante et je ne pense pas qu’il faille reproduire l’ambiance de bureau telle quelle, et telle que la connaissent les travailleurs. Bien au contraire.

Enfin, là aussi une fois le bail signé, j’activerai les demandes d’aides et de subventions publiques. Selon les quartiers ou les villes où nous nous implantons, les enjeux sont importants: nous pouvons réaménager le territoire, contribuer positivement à la société, etc. Nos projets sont innovants, il faut donc tout essayer. Les aides suivront.

N-N : Qui porte le projet ? S’agit-il d’une association ? Qui s’occupera de gérer l’espace au quotidien ?

N. B. : Mes jeunes épaules portent ce projet. Les Satellites est une société, une mini société en fait, composée de jeunes, d’amis et d’entrepreneurs: beaucoup de personnes m’aident. J’ai un conseiller, Fred, un mentor, etc. C’est important pour moi: l’entourage.

Je m’occuperai dans un premier temps de gérer l’espace au quotidien. L’objectif est qu’à moyen terme les membres les plus présents s’approprient l’espace afin qu’ils le co-gèrent d’une certaine manière. Puis, l’équipe s’agrandira lorsque j’ouvrirai d’autres espaces sur la Côte.

Nicolas Bergé, fondateur des Satellites
Nicolas Bergé, fondateur des Satellites

N-N : Peux-tu nous décrire l’espace tel que tu le vois ? De combien de places disposera-t-il, quels services seront offerts (aux membres et aux non-membres) ?

N. B. : L’espace ne sera ni un open space, ni composé de bureaux entièrement cloisonnés. Ce sera un entre-deux : les séparations entre postes de travail seront respirantes et permettront de communiquer tout en préservant une intimité professionnelle. Je pense qu’il ne faut pas reproduire l’ambiance de bureau telle que nous la connaissons tous : Les Satellites est avant tout un lieu intermédiaire. L’espace que j’ai peut-être entre les mains devrait pouvoir accueillir une quinzaine de personnes. Il disposera d’une salle de réunion, d’un espace cuisine et d’un coin salon. Des tables communes alterneront avec les postes de travail individuels.

Les membres Les Satellites bénéficieront d’un accès en tout temps selon la formule choisie, les membres Spatios auront même les clefs et codes d’accès de l’espace. Ils auront des casiers à disposition, un service de gestion du courrier et toute la bureautique nécessaire (imprimante, copieur, fax, etc.). Sans oublier le wifi bien évidemment (avais-je besoin de le rappeler ?). J’envisage d’offrir un service de domiciliation. Je pense également adhérer au programme VISA. Enfin, aucun membre n’est tenu par un engagement minimum : c’est la mobilité vue par Les Satellites.

Quant aux non-membres, je leur propose… de devenir membres ! Il n’y a pas de surcoûts, pas de carte membre à acheter, pas de cotisation, etc. Les tarifs sont tout simplement moins chers quand on est membre.

N-N : Pourquoi faut-il rejoindre les Satellites? Quel message adresserais-tu à de potentiels coworkers ?

N. B. : Rejoindre Les Satellites est un choix de vie. Les enjeux liés au coworking et au télétravail sont vraiment intéressants. Tout coworker peut à la fois jouer un rôle bénéfique pour la société et vivre selon ses valeurs. Je veux qu’en choisissant Les Satellites, les travailleurs choisissent ce qui est le mieux pour la vie qu’ils souhaitent mener. Vous voyez, j’insiste beaucoup sur le choix (slogan : autre lieu, autre choix ; mobilité choisie, etc.) car je pense que c’est ce que propose Les Satellites: le choix. Donc, chers coworkers azuréens et d’ailleurs, venez participer à la révolution du monde du travail, le voyage débute à peine et peut vous mener vers la vie que vous avez vraiment choisie.

N-N : Merci Nicolas, bonne chance et à bientôt !

Pour courir rejoindre Les Satellites dès l’ouverture de l’espace, retrouvez-les sur leur site internet, sur Facebook et sur Twitter!

2 thoughts on “Coworking et Côte d’Azur

  • 26 août 2011 at 16 h 50 min
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    Beau projet. Très beau bite de présentation.

    Mais je me demande toujours comment de telles structures peuvent être réellement rentables ?

    Car l’offre la plus cher est à 399 € par mois. Donc avec 15 places disponibles, cela fait un CA maximum de 72 K€ annuel. Vu le loyer d’un local et des autres charges nécessaires accueillir une telle strucure, l’équilibre économique ne doit pas être facile à trouver !

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  • 29 août 2011 at 12 h 09 min
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    Merci Nicolas!

    Il est certain que cette question est cruciale pour bon nombre d’espaces de ce type, il faut trouver l’équilibre entre un prix raisonnable pour le coworker et toutes les charges de l’espace.

    Souvent cet équilibre est atteint soit grâce à des subventions, soit des services additionnels payants. Le fait que les co-workers gèrent eux-mêmes l’espace est aussi à prendre en compte!

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