« Le coworking à la campagne aussi » Dominique Valentin, Le Relais d’Entreprises

 

Coworking, tiers-lieux, nomadisme… on réduit souvent à tort ces nouvelles approches du travail à une tendance urbaine. Le coworking à la campagne séduit. Les travailleurs qui résident en dehors des métropoles sont directement concernés : que l’on soit entrepreneur ou même salarié, pourquoi s’infliger de longs trajets s’il existe des espaces de travail à proximité du domicile ?

C’est tout le sens de l’engagement de Dominique Valentin, fondateur du réseau Relais d’Entreprise, un réseau de tiers-lieux uniquement localisés en milieu rural et péri-urbain. Une interview rafraichissante qui ouvre de nouveaux horizons pour le coworking et leurs adeptes !

fondateur le Relais d'EntreprisesBonjour, pouvez-vous nous présenter Relais d’Entreprises ?

Relais d’Entreprises, c’est un réseau de tiers-lieux en dehors des villes pour les télétravailleurs et les entreprises agiles. Je l’ai créé en 2012 avec la conviction que la non-mobilité constituait une excellente réponse à plusieurs enjeux sociétaux : le développement durable, la redynamisation des territoires pour les collectivités, la qualité de vie pour les travailleurs.

Nous avons donc vocation à fédérer des espaces en milieu rural et péri-urbain. Nous intervenons comme une enseigne facilitatrice : l’indépendance de chacun est respectée et notre enseigne réunit ces tiers-lieux sous une bannière commune. Les propriétaires, qu’ils soient entrepreneurs ou collectivités locales, s’appuient sur nous pour la promotion et la gestion de leurs espaces.

Boissière et Fils à Saint-Beauzély.
Le Relais d’Entreprise « Boissière et Fils » en Aveyron

Pourquoi des espaces de coworking à la campagne ?

C’est une offre innovante qui répond à des besoins grandissants à l’heure où un métier sur deux peut se pratiquer à distance, et que 60% des salariés revendiquent l’envie de faire du télétravail. Les technologies, la croissance exponentielle des freelances… tout cela participe à dépoussiérer l’image de la campagne et à y attirer des ex-urbains qui cherchent une meilleure qualité de vie mais ne veulent pas sacrifier l’intérêt de leur travail. Il faut arrêter avec la légende (urbaine d’ailleurs !) qui veut que l’on quitte Paris pour aller élever des chèvres dans le Larzac. On peut aussi quitter Paris pour s’installer dans le Larzac et y faire fructifier son expérience professionnelle en lançant une activité de consultant dans son domaine d’expertise. Quitter la ville n’est plus obligatoirement synonyme de quitter un job que l’on aime, on peut simplement le pratiquer différemment et surtout à l’endroit souhaité voire même rêvé.

Nous tenons un discours quasi-militant car nous croyons plus que jamais que les nouvelles formes de travail vont permettre aux campagnes de vivre une seconde vie, et aux travailleurs d’accéder à plus de bien-être et d’équilibre entre leur vie professionnelle et leur vie personnelle.

Quels sont vos objectifs ?

Nous comptons aujourd’hui 10 tiers-lieux affiliés sur tout le territoire national et en Corse, et ce chiffre va tripler en 2017. Notre ambition est d’atteindre 300 espaces affiliés à l’enseigne « Relais d’entreprises » en 2020. Plus notre maillage sera important, plus nous serons proches des zones de vie, et plus nous attirerons de nouveaux travailleurs.

Pour y arriver, nous nous basons sur trois leviers. Nous travaillons d’abord avec des propriétaires d’espaces existants qui ont du mal à se faire connaitre sur le marché des tiers-lieux et du coworking en leur offrant la notoriété et la force de notre réseau. Nous intervenons aussi auprès des collectivités locales en amont de leurs projets de redynamisation de leur territoire en identifiant des espaces qui ensuite seront aménagés en Relais d’Entreprises. Et enfin, nous nous faisons connaitre auprès de propriétaires de locaux qui cherchent à faire revivre leurs espaces qui ont perdu leur utilité (commerces laissés à l’abandon, agences désaffectées…) ou des entrepreneurs désireux de construire un ensemble immobilier destiné à un usage flexible.

Pour ces publics-là, nous organisons régulièrement des ateliers thématiques comme « la gestion des tiers-lieux en milieu rural » ou encore « la réhabilitation des lieux de collectivités locales ».

 

Quels sont les besoins en tiers-lieux à la campagne ?

Les besoins sont très différents en ville et à la campagne. En ville, les coworkings ont de forts enjeux d’animation de communauté. Ce qui n’est pas le cas à la campagne où la problématique est d’abord immobilière : les entrepreneurs ou les salariés recherchent d’abord un espace de travail, un bureau individuel avec un minimum de services.

Autre différence entre la ville et la campagne, d’un côté on a un profil de travailleurs très nomades et volatils qui passent potentiellement d’un coworking à l’autre au gré de leurs envies. A la campagne, les besoins sont des besoins à long terme pour sédentariser une activité.

En résumé, je dirais que l’on se sent plus proche de l’esprit « cow-working » des champs que le « coworking » des villes.

Nous revendiquons une forme de « bon sens paysan », qui nous fait observer avec curiosité (pour ne pas dire autrement !) certains phénomènes urbains, à commencer par tous ces débats sur les pics de pollution qui pourraient être résolus rapidement si l’on réinvestissait plus nos campagnes.

Qui sont vos publics ?

Il y a bien sûr les entrepreneurs, de plus en plus nombreux avec le phénomène des freelances que j’évoquais plus haut. Il y a aussi, on le voit de plus en plus, des salariés qui négocient des journées de télétravail avec leurs entreprises. C’est là aussi une tendance qui est en train de s’affirmer. Cela permet aux entreprises de fidéliser à moindre coût leurs collaborateurs, et au passage d’alléger leurs coûts immobiliers.

Dans les deux cas, ces travailleurs ont besoin d’un espace de travail adapté, ce que leur domicile ne leur offre pas toujours. Pas assez d’espace, les enfants qui ne peuvent s’empêcher de venir vous voir, le besoin de marquer la différence entre la vie professionnelle et la vie privée… sont autant d’arguments qui convainquent ces personnes à trouver un tiers-lieu accueillant pour leur activité.

Atelier pour créer un coworking à la campagneQuels sont les critères pour intégrer le réseau Relais d’Entreprises ?

Les critères sont très simples : nous recherchons des espaces avec un minimum de 3 bureaux et une machine café, et bien sûr quelques services basiques (internet haut débit). Dans notre optique de redynamisation des territoires, nous privilégions les locaux près de la vie des villages, près des commerces de proximité, des écoles etc.

Si cela vous correspond, parlons-nous !

 

Les prochains ateliers « Créer un tiers-lieu en milieu périurbain ou rural », organisés par Relais d’Entreprises se tiendront les mardi 21 et mercredi 22 mars, ou les mercredi 26 et jeudi 27 avril prochains à Rieux-Volvestre (31310) en région Occitanie.

Vous pouvez télécharger ici votre fiche d’inscription.

 

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